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Que serions-nous sans l’autre ?

 

Qui serions-nous sans l’altérité, la présence, l’effet miroir de nos semblables, fragiles, vulnérables, vaillants, persévérants, bienveillants et affectueux êtres humains tout aussi ressemblants que différents les uns des autres ?

 

Que deviendrions-nous sans l’autre ?

 

La théorie de l’attachement a mis en lumière la fonction vitale de « l’autre » dans la survie et le développement de chacun d’entre nous.

 

Ainsi, dès notre conception, qui s’inscrit elle-même dans une union complexe de par la diversité dont sont porteuses nos filiations maternelle et paternelle,  nous sommes intrinsèquement liés à l’autre. Notre humanité nous caractérise par une interdépendance qui nous guide vers une inter-responsabilité.

 

L’aide que nous portons à l’autre, aux autres, et l’aide que l’autre, les autres, nous accordent est la résultante « naturelle », ou tout au moins logique de cet état de fait.

 

Pour autant, certaines personnes nécessitent une aide plus importante, plus exigeante, car quotidienne. De cette aide dépend au-delà la survie et du maintien en vie, la continuité de la vie des personnes vulnérables.

 

Les aidants sont ceux parmi nous qui sont confrontés à cette aide particulière et doivent l’assumer du mieux qu’ils puissent, souvent durant une période qui se prolonge et s’étire dans le temps. Cette responsabilité qui leur incombe est tout aussi stimulante par la richesse humaine qu’elle développe, qu’épuisante par le niveau élevé d’exigence continu tant sur la plan moral, psychique que physique.

 

Ainsi, dans leur parcours de vie, les aidants peuvent se heurter au surmenage, à l’épuisement, au découragement. C’est précisément dans ces phases délicates et particulièrement sensibles qu’il est nécessaire de pouvoir intervenir pour les soutenir, et les soulager grâce aux actions de répit qui se mettent en place depuis quelques années.

 

Cette aide constante et astreignante nécessite des temps de pause, de réflexion, de détente, de lâcher prise, et d’évasion.  Pour autant, les aidants ne s’autorisent pas toujours à se les accorder. Parfois ils retardent ces besoins jusqu’à atteindre leur seuil de tolérance et de résistance. Si leur environnement familial, ou amical ou encore social est fragilisé ou quasi inexistant, ces soupapes de décompression pour se ressourcer peuvent devenir inaccessibles. Le risque d’isolement est alors accru, engendrant potentiellement des situations dangereuses à la fois pour l’aidant, mais également pour l’aidé.

 

Force est de constater que les aidants appellent à l’aide souvent tardivement. Si l’aide apportée aux aidés est une nécessité et une évidence aux yeux de tous, qu’en est il des appels à l’aide des aidants ?

 

S’intéresser aux réalités de vie des aidants et en tenir compte semble être une prévention efficace car cela implique d’être à leurs côtés (sur le terrain ou par l’intermédiaire de tous les moyens de communication actuels). C’est par cette proximité qu’il leur devient possible de s’exprimer, et qu’il nous appartient d’agir.

 

 Élargir le cercle d’entraide, c’est agrandir la ronde de notre humanité.

 

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Publié le 03/03/2017

 

 Muriel Gaillard

Consultante – Formatrice

Diplômée en Ethologie

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