L’aidant et l’aidé vivent et partagent une réalité à la fois commune et différente ; l’un et l’autre éprouvent des situations physiques et émotionnelles distinctes. Leur grande proximité quotidienne ou très fréquente nourrit une relation à la fois privilégiée et difficile par cet excès de proximité. Cette dyade constituée par l’aidant et l’aidé peut générer des tensions, des conflits, exacerbant les émotions. Cette situation peut créer un sentiment d’étouffement, d’enfermement.

 

Tierciser la relation est essentielle car elle permet de recréer un véritable espace dans lequel l’aidant et l’aidé peuvent se réapproprier leur identité, exprimer leurs différences, leurs ressentis, leur affection. L’échange, qui est au cœur de la relation est ainsi préservé, potentialisé et valorisé.

 

Cet espace créé par un tiers induit naturellement du recul et de l’apaisement. Les émotions négatives liées à la fatigue physique et morale, à la pression permanente d’une présence qui finit par s’assombrir par les obligations et les contraintes, sont autant de sources de tensions néfastes aussi bien pour l’aidant, que pour l’aidé ainsi que leurs proches.

 

Le tiers est parfois un membre de la famille ou de l’entourage proche. On l’appelle « l’aidant secondaire ». Les professionnels (à domicile ou en institution) sont également potentiellement des tiers.

 

Ce 3ème protagoniste vient rééquilibrer la relation dans une dynamique dite triangulaire.

 

Ainsi, les professionnels par leur compétence et leur « neutralité affective » peuvent tierciser la relation « aidant – aidé ».

 

Le tiers professionnel est un trait d’union entre deux réalités et deux mondes qui se confondent et se confrontent en permanence. Cette passerelle permet d’harmoniser une relation qui est bouleversée et malmenée par la maladie, la dépendance, et la souffrance.

 

Tierciser permet de passer de la dualité  à la complémentarité ; de la destruction à la construction.

 

Tierciser permet de créer un espace qui offre une « respiration », dans laquelle l’aidant et l’aidé peuvent se réapproprier leur identité respective, ce qui favorise leurs échanges et enrichit leur communication. Cet intervalle est une « bulle d’oxygène » retrouvée qui permet la prise de recul, la distance nécessaire pour gérer ses propres émotions et cheminer vers l’acceptation de la réalité à vivre.

 

Tierciser c’est respirer, fluidifier, pacifier.

 

Dans une relation triangulaire, chaque acteur a la possibilité de tierciser. L’aidant tiercise la relation « aidé – professionnel » et permet ainsi au professionnel de conserver une posture adéquate en étant en empathie et non dans l’affect.

 

L’aidé tiercise la relation « aidant – professionnel » qui sont en miroir (base du triangle).

 

La relation triangulaire et la tiercisation préservent et valorisent la place de chacun tout en reconnaissant et renforçant la présence de tous.

 

Tierciser c’est créer un espace de liberté.

 

Tierciser c’est relier, lier de nouveau.

 

Tierciser c’est réunir, unir de nouveau, différemment, plus librement.

 

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Muriel Gaillard

Consultante – Formatrice

Diplômée en Ethologie