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Quand on se consacre à l’accompagnement d’un proche, l’envie de bien faire peut prendre de grandes proportions. Ne pas s’accorder de droit à l’erreur, donner de soi sans mesure jusqu’à épuisement… sont des écueils qu’on est nombreux à rencontrer. Il très compréhensible d’avoir, face à la fragilité d’un proche, le désir d’être l’aidant parfait ; la volonté de répondre parfaitement à tous les besoins du proche qu’on accompagne.

Simplement, cet objectif n’est ni possible ni souhaitable. Gardons toujours en tête qu’à l’impossible nul n’est tenu, et que l’erreur est humaine.

Commettre des maladresses ou des oublis est normal quand on accompagne un proche. D’autant plus lorsqu’on est un aidant fatigué. S’énerver, déprimer, se surprendre à vouloir tout lâcher, c’est être humain, et c’est un vécu très largement partagé par les millions d’aidants qui, comme vous, s’occupent d’un proche. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on vit une relation d’aide un peu tendue ou compliquée. L’humain qui aime, l’humain qui se soucie de l’autre, est le même humain que celui qui se trompe ou perd patience. L’impossible perfection, Monique (aidante de sa mère atteinte d’Alzheimer) en a pris conscience le jour où son dos s’est bloqué, l’immobilisant dans son lit. Elle évoque sa situation d’aidante en ces termes :

« Cela fait trois ans que ça dure : tous les jours, tout le temps ! J’ai essayé de faire tout comme il fallait, jusqu’au moment où notre relation a commencé à dégénérer : ma mère est devenue agressive, sans raison. Ou peut-être parce que j’étais trop souvent en train de la mobiliser, de lui dire “on fait ceci, on fait cela”…. mais je voulais bien faire !(…). Je me suis donnée à fond. A tel point que souvent à 12h30, je tombais de fatigue sur le canapé. »[1]

Etre à l’écoute des besoins de son proche est une attitude louable. Mais quand on en vient à oublier nos propres besoins, cela devient dangereux, autant pour soi que pour la personne qu’on accompagne. Ce que l’on perçoit dans le témoignage de Monique, c’est aussi que les efforts réalisés peuvent être mal perçus par notre proche, vécus comme des sollicitations trop ingérantes, ou comme le rappel incessant de sa dépendance.

Notre conseil aux aidants, rappelez-vous des choses suivantes :

  • Il est important d’apprendre à se pardonner soi-même
  • Pour aider en évitant de trop s’épuiser, il faut apprendre à connaitre ses limites et à les accepter. Dans certains cas, il peut aussi être bénéfique d’évoquer ces limites avec le proche aidé.
  • S’efforcer si possible de différencier ce que je pense être bon pour lui, et ce qu’il attend réellement de moi.
  • Se débarrasser du sentiment que déléguer certaines tâches, ce serait l’abandonner.

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[1]              Maintenant, ça va , « Témoignages d’aidants familiaux accompagnant un proche malade », publié par le service Rivage (association APAMAD)