L’annonce du diagnostic est un moment qui peut tout aussi bien être attendu avec impatience, que redouté, à tel point qu’il est parfois reporté et repoussé autant de fois qu’il nous est permis de le faire.

 

L’annonce du diagnostic est un moment essentiel et charnière car il détermine l’avenir et ses possibles, celui de la personne concernée, et par ricochets celui de ses proches, de son entourage.

 

Pour que cette annonce soit réalisée dans les meilleures conditions possibles, il convient que cela soit dans le cadre d’un entretien présentiel, plutôt que par téléphone ou par écrit. Cela permet de pouvoir échanger de vive voix avec le médecin ou le spécialiste concerné, dans le cadre d’un moment privilégié. Dans ces circonstances, le praticien peut plus facilement accorder du temps au patient, lui apporter son intérêt et répondre à ses questionnements. La qualité de cette entrevue, dont le patient gardera une empreinte émotionnelle vive et active, dépend de la personnalité, de la sensibilité et de l’état d’esprit à la fois du patient, mais également du médecin.

 

Toutes les recherches hasardeuses sont à bannir, notamment celles via un vagabondage frénétique vers des sources plus ou moins fiables, de type sites internet. De plus, les interprétations qui en découleront auront pour effet d’éloigner un peu plus de la réalité complexe et concrète de la maladie, qui agit et s’exprime singulièrement en fonction de chacun. Ces explorations peuvent également entraver la relation de confiance qui se tisse entre le médecin et le patient, relation dont la qualité pourra avoir un effet rassurant et bénéfique pour le patient et ses proches.

 

L’annonce du diagnostic pouvant avoir des retentissements émotionnels importants, il arrive que ces derniers adoptent un comportement d’évitement de type déni. Il est alors conseillé de respecter cette réaction spontanée qui est un mécanisme de défense et de protection, tout en veillant à ce que ce laps de temps soit temporaire.

 

Cacher, masquer ou plus clairement mentir à une personne concernant son état de santé, même si c’est dans l’intention de la protéger est une attitude à éviter. Parfois, aborder cette réalité avec la personne concernée peut mettre mal à l’aise, profondément déstabiliser ou encore paraître insurmontable. Mais tout cela n’exprime qu’un ressenti personnel qui nous motive à agir en se protégeant soi-même.

 

La personne pour laquelle la médecine actuelle permet de poser un diagnostic en identifiant une pathologie, quel que soit son niveau de gravité a le droit de savoir. Garder à l’esprit que c’est avant tout d’elle dont il s’agit est une nécessité et un devoir.

La pathologie existant, elle se manifestera par des symptômes qui persisteront puis évolueront en fonction du traitement médicamenteux, et surtout de la réaction de l’organisme à cette prescription. Dire la vérité, peut être difficile, mais c’est cette même vérité qui permettra à la personne concernée de bien respecter son traitement, de s’adapter à la pathologie découverte, de mieux s’approprier sa maladie pour mieux envisager sa guérison, si cela est possible.

 

Le diagnostic est la traduction qui donne l’explication d’un état intérieur qui s’exprime à extérieur. Ainsi, le diagnostic permet de relier ces deux parties, favorisant ainsi l’équilibre recherché pour aller vers une unité retrouvée.

Publié le 27/10/2017

 

 

 

 

 Muriel Gaillard

Consultante – Formatrice

Diplômée en Ethologie