« Faire pour l’autre » et « Faire à la place de l’autre »

Prendre soin d’une personne que l’on aime, ca lui fait plaisir et ca me fait plaisir…

Lorsque l’autre est « dépendant », les petites attentions sont aussi importantes (des deux côtés !) Mais « faire à la place » lorsque son proche est dépendant, c’est rappeler en permanence le besoin d’assistance de son proche.

 

Pourquoi est-ce que l’on a toujours tendance à « faire à la place » ?

Pour lui éviter de la fatigue et des tracas ; pour compenser un sentiment d’impuissance ou d’inutilité ; pour essayer de reprendre le contrôle des événements ou pour éviter de réfléchir et de se faire submerger par les émotions.

Aussi, pour gagner du temps … Et, c’est souvent par habitude : « C’est comme ça » depuis des mois ou des années. On n’imagine pas qu’il puisse en être autrement.

 

Pourquoi est-ce un problème ?

Du côté de l’aidant, « faire à la place » de l’autre est l’assurance d’un épuisement rapide.

Du côté de l’aidé, cela pose également problème : notre besoin de materner l’autre, le fait de répondre à ses moindres besoins même non exprimés, transforme la relation. Nous prenons le risque de l’infantiliser et d’accentuer la dépendance.  Il oublie les gestes les plus simples, ne stimule plus ses capacités intellectuelles et physiques. Il ne décide plus pour lui-même, s’ennuie et perd son estime de soi (je ne suis même plus capable de manger seul) voire son envie de vivre.

 

Quel que soit son âge et son état de santé, il est toujours possible d’avoir de petites victoires face à la perte d’autonomie.

Ne faites pas tout à la place de votre proche, préservez autant que possible ses capacités d’action et de décision. Votre rôle d’un aidant est de l’encourager à rester autonome le plus longtemps possible.

 

Quelques astuces :

  • Observer
  1.    prenez conscience de ce que vous faites « à sa place »
  2.  Identifiez des choses qu’il pourrait faire « pour » vous et qui vous feraient plaisir
  • Laisser faire  

Essayer à chaque fois de le laisser faire. N’agissez pas par habitude (ex. laissez-le couper sa viande, attendez. Intervenez uniquement s’il n’y arrive pas)

  • Respecter ses choix

Autant que possible, respectez la façon de faire de votre proche. Tout passage en force sera mal vécu et source de souffrance.

  • Proposer

Proposer à votre proche de faire ensemble ou seul, lancez lui des petits défis à sa mesure, ré-essayez en trouvant les mots justes pour infléchir en douceur ses habitudes.

  • Savoir dire « non, je pense que tu peux le faire toi »
  • Encourager

Reconnaissez ses efforts et ne perdez pas une occasion pour lui montrer que ça vous fait plaisir et, que ça vous rend service.

  • Au rayon pratique…  

Prenez le temps d’adapter et de sécuriser le domicile ; Rangez et créer des “pense-bête” ; Choisissez des vêtements faciles à enfiler, optez plutôt pour des scratchs et des zips…

  • En parler

Vous pouvez en parler avec lui, vous fixer à tous les deux comme objectif commun de maintenir (ou de regagner de l’autonomie).

Formulez un leitmotiv, par exemple « A chaque fois que je peux le faire, je dois le faire »
Expliquez lui que vous continuerez à être là pour lui. Soyez convaincu que c’est pour son bien à lui ! Et croyez en lui !

 

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Publié le 15/12/17

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