Tout laisse à penser que pour bien mener sa vie, il nous faut apprendre à naviguer entre les événements heureux et les situations douloureuses, entre les accalmies, les vents favorables, le calme plat et les tempêtes.

« La vie ce n’est pas d’attendre que l’orage passe ; c’est d’apprendre à danser sous la pluie.»

 Sénèque

 

La vie nous invite à prendre la barre de notre embarcation en devenant « le capitaine ». Dès lors, nous devons faire des choix de trajectoire, apprendre à contourner des obstacles, en surmonter d’autres et apprendre à réparer les avaries de sorte à être immobilisés le moins longtemps possible.

 

La résilience est cette phase de réparation. Cela implique que nous soyons conscients de la difficulté existante, que nous décidions de mettre en œuvre une ou des actions pour y faire face puis y remédier. Si nous sommes seuls en tant que capitaine à la barre de nos embarcations respectives sur le fleuve de nos vies, au cours de « l’escale résilience » nous pouvons faire appel à d’autres personnes vers lesquelles nous avons spontanément et instinctivement envie de nous tourner afin d’être soutenus, conseillés et aidés. Le soutien et l’aide peuvent être à différents degrés. Néanmoins, la confiance que nous leur accordons est le reflet de la confiance que nous pouvons continuer à acquérir en nous, et faire grandir jour après jour. Le soutien, l’aide, l’écoute, la compréhension, la confiance sont les matériaux humains qui constituent la courte échelle que la vie nous offre.

 

Si « l’escale résilience » permet une autoréparation, elle renforce également nos compétences de capitaine. D’avaries en réparations nous nous familiarisons avec notre  environnement, nous gagnons en capacités adaptatives, et osons peu à peu repousser les limites de notre horizon.

 

C’est en naviguant que nous voyageons. C’est en voyageant que nous comprenons, que nous grandissons, que nous évoluons, que nous nous épanouissons.

 

Ainsi, nous pouvons devenir à notre tour des capitaines vers lesquels d’autres capitaines en difficultés peuvent se tourner, s’appuyer. Des capitaines auprès de qui ils peuvent se rassurer, reprendre des forces, puiser l’énergie vitale nécessaire pour poursuivre l’aventure.

 

La nature est remplie de nouvelles pousses qui naissent sur des branches mortes.

 

De la même façon, l’être humain se développe et évolue dans une dynamique « pertes – acquisitions ». Accepter de modifier son regard sur soi, sur les autres, sur le monde, réussir à modifier ses représentations c’est réussir à conserver son « unité » tout en changeant. Le challenge qui est le nôtre, c’est parvenir à accepter de laisser mourir quelque chose (une situation, une façon de vivre, une relation…) qui n’est plus et qui ne sera plus. Si enfant nous le faisons naturellement (changement de classes tout au long de la scolarité, autonomisation physique selon nos capacités, autonomisation affective en fonction de notre environnement familial), adulte cela devient un effort. Notre liberté résulte de ces efforts d’adaptation, de notre volonté d’évolution, de notre envie de voyager.

 

Vouloir adapter les autres et le monde à soi est une attitude de rigidité induite par des peurs, qui si elle perdure dans le temps peut conduire au repli, à l’isolement, à l’abandon du voyage que la vie propose.

 

Curieusement c’est en changeant que nous avons le sentiment de découvrir qui nous sommes « véritablement ». Parvenir à se transformer c’est intégrer et dépasser les événements malheureux et savoir accueillir les événements heureux.

 

 

« On a deux vies. La deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a qu’une. »

Confucius

 

Peu importe que notre vie soit sinueuse, tortueuse, tourmentée, l’important est qu’elle se poursuive et continue aussi longtemps que nous aurons des contrées à découvrir.

 

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Muriel Gaillard

Consultante – Formatrice

Diplômée en Ethologie