Vous accompagnez un proche malade ou en perte d’autonomie. Dans la relation avec votre proche, vous pouvez être confrontés à des problèmes d’humeur et d’émotions difficiles.

 

Comprendre d’où vient la colère

La colère ou l’irritabilité de votre proche provient du fait qu’il prend conscience de sa fragilité. Il se sent diminué, inquiet, et peut trouver injuste le sort que la vie lui a réservé.

La colère peut être l’expression de sa difficulté à accepter la situation, à ne plus être aussi libre et autonome qu’avant… et aussi à ne pas pouvoir vous aider !

 

Or, le propre de cette colère diffuse, c’est qu’elle se manifeste au quotidien, un peu sans prévenir. La colère contre la maladie, contre la vie injuste, se transforme facilement en sentiment de colère plus global…

 

Votre proche est désagréable tout particulièrement avec vous ?

C’est un problème fréquemment rencontré par les aidants. Ils ont alors l’impression que leur proche leur en veut personnellement sans comprendre pourquoi, et ressentent de la frustration, voire un sentiment d’injustice :

Pourquoi se comporte-t-il ainsi avec moi ? Je prends soin de lui, c’est comme ça qu’il me remercie ?”

“Comme il se comporte différemment avec les autres, personne ne peut imaginer ce qui se passe en leur absence, je me sens encore plus isolée et incomprise.”

 

Comprendre pourquoi vous êtes la cible de sa colère, ou du moins le principal témoin

Il peut y avoir plusieurs raisons :

Vous partagez le quotidien de la personne, il lui est donc difficile de vous cacher son humeur. Avec les autres qu’elle voit plus rarement, elle fait des efforts. Paradoxalement, si c’est contre vous qu’elle s’énerve, c’est parce que vous êtes très proche d’elle, si bien qu’elle ose lâcher prise.

 

Votre proche peut aussi s’énerver contre vous parce qu’en jouant un rôle d’aidant, vous êtes le rappel constant de sa dépendance.

 

Vous êtes également le principal témoin de ses difficultés, surtout si vous habitez sous le même toit. Or, par pudeur ou fierté, certaines personnes supportent mal le fait d’être vues en situation de vulnérabilité.

 

Une autre cause possible : si la relation avec votre proche se transforme en huis-clos, son irritabilité peut s’expliquer par un besoin de vie sociale. (cf. « Maintenir une vie sociale – difficultés et solutions »)

Que pouvez-vous faire ?

 

  • Ne pas prendre pour soi la colère de l’autre. Réfléchir aux causes profondes de cette colère.
  • Ne pas culpabiliser de perdre patience parfois… c’est humain, nous avons tous nos limites.
  • Communiquer avec son proche pour limiter les incompréhensions : lui dire en quoi c’est difficile pour vous d’entendre certaines choses ou d’être témoin de certains gestes, essayer de trouver des solutions ensemble pour l’apaiser, faire sortir autrement cette colère (qui est l’expression maladroite d’un sentiment légitime…)
  • Parler de ce que vous ressentez auprès d’un tiers (un ami, une association, un professionnel…) : cela soulage et aide à prendre du recul.
  • Inviter votre proche à faire de même, pour mettre des mots sur ses émotions. De manière générale, une émotion contenue fait souffrir, une émotion exprimée s’apprivoise.
  • Réserver avec votre proche des moments de plaisir, de loisirs à deux qui ne soient pas liés à la maladie et la relation d’aide.
  • Ne pas confondre colère et agressivité : l’agressivité peut être une conséquence de la maladie de votre proche –  bien se renseigner sur les symptômes pour faire la part des choses et ne pas être inquiet ou triste de voir son proche contre soi

Publié le 11/05/2017

 

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