Même sans la maladie, bien communiquer avec ses proches n’est pas toujours chose aisée. Cela demande de mettre de côté sa fierté, de se dévoiler, de faire un pas vers l’autre, d’être à l’écoute.

Quand on est aidant d’un proche fragilisé, il peut être très difficile de maintenir une bonne communication l’un avec l’autre. Notamment, on peut avoir du mal à parler ensemble de comment on se sent, des changements qu’apporte la maladie (ou la perte d’autonomie) dans notre relation, de ce qui ne nous convient pas dans cette relation, de ce qui nous fait souffrir.

Tâchons de comprendre d’où viennent ces freins à une bonne communication pour les lever progressivement…

 

Identifier les causes de vos problèmes de communication

Les non-dits et les tabous peuvent provenir du fait que vous cherchez à vous protéger l’un l’autre : “je ne vais pas lui ajouter du poids, j’ai peur de le rendre plus malheureux”, “il est assez anxieux comme ça, inutile de l’inquiéter plus”


Vous pouvez avoir l’impression que le fait d’exprimer certains faits, certains ressentis, aura pour effet de les rendre plus réels. Parfois même, vous pouvez être dans le déni de certains problèmes : c’est une manière de se protéger soi-même face à une réalité trop lourde à accepter.

 

Prendre conscience des bienfaits d’une communication authentique

Les non-dits peuvent abîmer progressivement votre relation en créant des tensions, des frustrations, une incompréhension mutuelle.

En parlant ensemble de votre relation, en exprimant chacun ce dont vous avez besoin et envie, et ce qui à l’inverse vous pèse… cela vous permet ensuite de vous ajuster mutuellement l’un à l’autre. Prenons l’exemple d’un fils qui s’occupe de sa mère malade : le fils a mille attentions pour elle, il ne pense pas à mal, mais son comportement énerve sa mère parce qu’elle se sent infantilisée, elle devient donc irascible. S’ils arrivent à en parler tous les deux, cela peut aider à apaiser leur relation (voir l’exemple en fin de texte).

Enfin, si vous communiquez avec authenticité, votre proche vous sera reconnaissant de votre honnêteté. Et inversement, vous préférez sûrement que votre proche soit sincère avec vous, plutôt qu’il vous cache certains ressentis ou certains de ses besoins parce qu’il cherche à vous préserver.

 

Comment faire ?

Bien sûr, il ne s’agit pas de dire brutalement à votre proche ses 4 vérités. Voici quelques astuces pour vous aider à bien communiquer :

  • Pour exprimer un besoin, formulez une requête plutôt qu’une accusation, une exigence ou une plainte. Vous pouvez passer par l’expression de vos ressentis, plutôt que par la critique des agissements de l’autre.
  • Pour exprimer votre désapprobation sans blesser l’autre, employez la douceur et la compréhension plutôt que la critique ou le jugement.
  • En retour, préparez-vous à recevoir les désapprobations de l’autre sans les interpréter comme une critique, un jugement ou une attaque.

 

Si l’on reprend l’exemple mère-fils de tout à l’heure, leur échange pourrait être le suivant :

“J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de tension entre nous, pourtant je fais tout pour que tu sois bien. Je me sens blessé par ton comportement, est-ce que tu m’en veux pour quelque chose ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour aller mieux tous les deux ?

Je suis désolée de t’avoir blessé. En fait, je me sens infantilisée par ton nouveau comportement envers moi… J’aimerais tout simplement que tu agisses comme avant la maladie”