Les bonnes pratiques des entreprises dans l’accompagnement de leurs salariés aidants

La principale préoccupation du salarié aidant est l’articulation entre son rôle d’aidant et sa vie professionnelle. Souvent l’épuisement, le stress, la culpabilité, la dévalorisation guettent et fragilisent durablement l’aidant familial.

Les aidants familiaux souhaitent conserver leur activité professionnelle car en dehors de l’aspect financier, elle leur permet d’avoir une respiration, une protection vis à vis du rôle d’aidant familial très prenant.

Pour aider les aidants familiaux à concilier ces temps de vie, des dispositifs légaux existent comme les congés de solidarité familiale, les congés de présence parentale, les congés de soutien familial.

Cependant, l’entreprise a également son rôle dans l’accompagnement de ses salariés.

La prise en compte par l’entreprise permet de réduire un absentéisme récurrent qui peut désorganiser un service, réduire la démotivation (ou la fatigue) de son salarié mais également de donner à l’entreprise une image positive et attractive.

Certaines entreprises se sont saisies de ces questions et ont développé des initiatives à partir des besoins évalués au sein de leur propre entreprise.

Quelles sont ces bonnes pratiques ?

1)      Formation et sensibilisation de l’encadrement et des directeurs de ressources humaines afin d’avoir un management bienveillant et attentif et une meilleure prise en compte de la situation particulière du salarié

(EDF Sud-Ouest, Orange, Spie Sud-Ouest, AREVA, L’Oréal…)

–  Exemple de EDF Sud Ouest : à  la suite d’un groupe de travail, la mise en place d’un guide du collaborateur qui expliquait ce qu’est un aidant proche ainsi que les droits.

–  Développement de modules d’e-learning  pour répondre aux questions des managers  (droits des salariés en particulier).

2)        Prévention – Information et accompagnement des salariés

Ces dispositifs peuvent prendre des formes diverses selon les entreprises.

–  Partenariat entre l’entreprise et un centre social Interentreprise (exemple du CSIERESO) permettant la mise à disposition d’assistantes sociales à l’ensemble des salariés et qui interviennent à leur demande ou à celle de l’entreprise ;

– Organisation de séances d’information pour sensibiliser l’entourage de travail dans le dépistage et l’accompagnement de ces situations  (casino, JIMENEZ FVA, Novartis…) ;

Exemple de Casino  qui a lancé en 2011 une démarche sur « les aidants familiaux »  avec une conférence et des ateliers mensuels d’informations et de groupes de parole appelés « Je suis aidant, parlons-en  » animés par une psychologue ;

–  Développement de plate-forme téléphonique : plate-forme auprès de laquelle les salariés peuvent, anonymement, trouver information et orientation.

Exemple de la société Responsage, des sites WEB d’informations ou  plate-forme de mise en relation des aidants au sein d’une même entreprise pour développer les solidarités ;

–  Mise à disposition de CESU préfinancés pour la mise en place de prestations à domicile ;

–  Mise en place de « conciergerie d’entreprise » : elle permet au salarié d’accéder depuis son lieu de travail à des services à la personne pour lui permettre de faciliter son quotidien et optimiser son temps : aide à la gestion administrative, prises de rendez-vous, cela peut aller de la livraison de courses jusqu’au pressing, à la recherche d’un prestataire…

Pour l’entreprise, il est essentiel de communiquer, de trouver des relais pour faire relayer l’information, l’existence de ces dispositifs auprès de ses salariés.

3) Permettre à l’aidant d’aménager son temps de travail

–       Flexibilité des horaires ou temps partiel, horaires individualisés ;
–       Télétravail ;
–       Mise en place d’un crédit temps ou crédit d’heures annuelles ;
–       Faciliter les prises de congés de soutien familial, les congés de solidarité familiale ;
–       Dans le cadre des accords d’entreprises,

  • Mise en place de dispositifs spécifiques tels que la conversion du 13ème mois de salaire en jours de congés abondés par l’entreprise (Novartis) ;
  • Extension des droits liés aux congés familiaux par accord d’entreprise (La Poste, Orange, Areva, groupe Casino, Spie Sud-Ouest) ;
  • Abondement du compte épargne temps (CET) pour des actions de solidarité ou de soutien familial (Orange) ;

L’ensemble de ces dispositifs permet des rencontres, des ressources, des possibilités d’échanges pour le salarié aidant et lui permet de sortir bien souvent de son isolement, d’être reconnu.

Ils permettent également à l’entreprise de co-construire avec le salarié cette articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle si difficile, de faciliter la communication de la part du salarié sur les contraintes et les difficultés de son rôle d’aidant et trouver ainsi les réponses les plus adaptées à sa situation.

Le rôle de l’entreprise est essentiel. Il reste à généraliser ces pratiques innovantes à l’ensemble des entreprises.

Pour une meilleure articulation entre vie professionnelle et vie familiale : Identification des bonnes pratiques des secteurs public et privé en France et à l’étranger (fonctionpublique.gouv.fr)

http://www.sudouest.fr/2014/04/30/vous-pouvez-donner-vos-rtt-a-un-collegue-dont-l-enfant-est-gravement-malade-1540747-4696.php

Réalisé par les ergothérapeutes de SERENA