_AAA9846-def1-cmjn © Gerhard Linnekogel - Eyesee
Un de vos proches est âgé et vous pensez qu’il n’est plus en capacité de conduire. Il n’est plus aussi alerte, sa vision et ses réflexes diminuent. Ne risque-t-il pas de provoquer un accident ? La solution est-elle de lui retirer ses clés de voiture ?

Sachez déjà qu’une personne âgée à qui on ôte son permis ou ses clés de voiture, est une personne qui voit brutalement son autonomie diminuée, ainsi que ses relations sociales. Il peut perdre l’estime de lui-même.

Être âgé ne signifie pas ne plus être en capacité de conduire.

Nous vous conseillons de discuter avec lui des limites à donner peu à peu à sa conduite à partir de ses difficultés personnelles.

S’il voit moins bien la nuit, il doit s’organiser au niveau des horaires pour rentrer avant la nuit et si ce n’est pas possible, envisagez des solutions de « repli ».

Il fatigue ou s’assoupit sur grandes distances, pensez à réduire les temps de trajet ou préférez le train.

Lorsque les réflexes et l’attention diminuent, pensez à rester sur des lieux proches et connus, évitez les périodes de fortes affluences, les zones dangereuses…

Arrêter brutalement de conduire (sauf nécessité absolue) n’est pas une bonne chose pour le moral et pour l’autonomie. Il vaut mieux progressivement diminuer son périmètre, et organiser ses déplacements.

Sur certains trajets, il est préférable d’envisager des solutions alternatives : le train, le bus, les amis, un taxi….. Sachez que des formules se développent dans les villes. Les mairies via le C.C.A.S proposent des dispositifs de transport pour Sénior. Par exemple à paris, il s’agit du PAM75. Les sociétés de prestation de services peuvent vous proposer un accompagnement au déplacement, par exemple Senior Mobilité, Age d’Or Service. Renseignez-vous dans votre ville ou dans votre département.

Si vous estimez qu’il devient vraiment dangereux, parlez-en calmement avec lui « comment le vit-il, le sent-il », cherchez la solution ensemble.

Vous pouvez aussi en parler à son médecin traitant, qui verra avec lui ce qu’il en est réellement.

Pour compléter cet écrit, nous replaçons ci-après la réponse apportée à la question d’un internaute, en date du 30 avril dernier, sur ce même thème.

Les ergothérapeutes de

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Le 30/04/2013, 18:20 nelly91

Bonjour, mon père est atteint de la maladie d’Alzheimer, mais son médecin à dit à ma mère que c’était à elle de juger si il pouvait encore conduire. Sinon elle devait lui cacher les clés de voiture, un peu léger je trouve, je me pose la même question pour l’assurance ?

Merci de votre aide.

Réponse :

Bonjour,

Vous vous interrogez sur les règles qui régissent les modalités d’arrêt de la conduite automobile, mais également sur la conduite à tenir face à l’assureur quand a été diagnostiquée une maladie d’Alzheimer chez un proche.

La conduite automobile est une activité complexe sur le plan cognitif : elle nécessite à la fois de fortes capacités d’attention, de concentration, d’orientation, de vigilance, de planification,…

Les altérations cognitives présentes chez une personne atteinte de maladie d’Alzheimer peuvent donc être à l’origine d’accidents de la circulation. La modification des aptitudes à la conduite existe, selon la littérature scientifique, dès le début de la maladie.

L’arrêté du 21 décembre 2005 fixe la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée (texte consultable sur le site Légifrance à l’adresse : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000265763&dateTexte=&categorieLien=id). Les troubles cognitifs et psychiques, et ainsi la maladie d’Alzheimer, en font partie.

Force est de constater que les personnes modifient elle-même leurs habitudes et trouvent le plus souvent des stratégies d’adaptation quand elles se sentent moins aptes à conduire : conduite de jour, par temps clair, sur de petites distances, en dehors des heures de pointe… mais l’avis médical est ici impératif.

Le Médecin Traitant est là pour vous aider. S’il n’est pas légitime pour interdire à une personne de conduire, il a un devoir d’information sur les risques encourus par la personne (mise en danger de soi-même et des autres,…). Il évaluera les capacités à conduire de la personne (bilan neuropsychologique, mises en situation,…), proposera d’éventuelles stratégies d’adaptation avant l’arrêt de la conduite,…

En raison du secret médical, il ne pourra pas faire de signalement au Préfet pour empêcher une personne de conduire mais il pourra inviter un proche à réaliser cette démarche.

Seul le Médecin rattaché au service médical de la Préfecture sera en mesure de mettre un terme à la possibilité de conduire pour des personnes présentant un problème de santé, selon la liste fixée par l’arrêté du 21 décembre 2005 (voir plus haut). C’est donc vers la commission médicale rattachée au service du permis de conduire de la Préfecture qu’il convient de s’orienter.

Il convient en parallèle de contacter votre assureur afin de lui faire part des problèmes de santé présentés par la personne, ce conformément à l’article L113-2 du Code des Assurances qui stipule que « L’assuré est obligé…de déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d’aggraver les risques, soit d’en créer de nouveaux… ».

Au-delà des aspects réglementaires, envisager l’arrêt de la conduite pour une personne atteinte de maladie d’Alzheimer est difficile. Cette décision doit s’accompagner tant psychologiquement que socialement.

Les ergothérapeutes de
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