Julius_021-def1-cmjn © Gerhard Linnekogel - Eyesee
Pour aborder ce sujet, il parait important de revenir sur la notion de dépendance et d’autonomie qui peuvent être confuses. Dépendance et perte d’autonomie ne sont pas synonymes.

L’autonomie est parfois considérée comme une absence de dépendance, or il s’agit de la capacité à se gouverner soi-même, de façon libre et éclairée, du libre arbitre de la personne (c’est l’art de gérer ses dépendances, selon le Dr Sivadon). Elle présuppose la capacité de jugement, c’est-à-dire la capacité de prévoir et de choisir, et la liberté de pouvoir agir, accepter ou refuser en fonction de son jugement. C’est aussi la capacité d’une personne à choisir elle-même les règles de sa conduite, l’orientation de ses actes et les risques qu’elle est prête à courir pour les assumer. Une personne peut être dépendante, mais autonome, en étant dans l’incapacité de faire seule certains actes de sa vie mais être capable de décider. Dans les situations de dépendance physique, l’autonomie psychique ne disparaît pas forcément et devient essentielle pour permettre de maintenir le respect et la dignité de la personne.

La dépendance est définie par le besoin d’aide de la personne : il s’agit de l’impossibilité partielle ou totale pour une personne d’effectuer sans aide les activités de la vie, qu’elles soient physiques, psychiques ou sociales, et de s’adapter à son environnement.

Ces deux notions se complètent et sont à prendre en compte pour répondre au mieux au besoin de la personne et comprendre son rôle d’aidant.

Votre rôle d’aidant consiste notamment à encourager la participation de votre proche le plus longtemps possible. Il faut donc l’encourager à exécuter tous les gestes et activités dont il est capable, même si c’est avec difficulté et même si cela prend plus de temps que si vous le faisiez à sa place. Selon l’importance de l’activité pour la personne, elle peut choisir de réaliser une activité seule en prenant son temps et pour une autre activité vous demander votre aide. La personne aidée doit décider elle-même, autant qu’elle le peut, du type d’aide dont elle souhaite bénéficier ou non.

Lorsque les capacités intellectuelles d’une personne sont altérées, les soins qui lui sont prodigués doivent lui être expliqués. La volonté de la personne ou ses choix doivent être pris en compte. Certaines situations sont complexes : les désirs ou projets d’une personne ne sont pas toujours en adéquation avec les possibilités d’y répondre. Dans tous les cas, le respect de l’autonomie impose une négociation centrée sur les souhaits de la personne. L’autonomie, c’est une autodétermination active avec le soutien d’autrui. Pour chaque être humain, il est important de pouvoir prendre des décisions soi-même et de pouvoir faire ses propres choix. Chacun recherche le sentiment d’avoir la situation sous contrôle. Ce même sentiment peut être provoqué par le plaisir qu’éprouve une personne à exercer une activité. La valeur accordée par une personne à la pratique d’une activité est plus importante que la manière dont cette activité est réalisée.

Il est important d’identifier la signification d’une activité pour la personne. La personne aidée ne doit pas se sentir passive ou exclue de l’activité. Une occupation choisie par la personne et conduite à son rythme, lui permet de s’y projeter et d’être actrice à part entière. Identifiez les activités qui motivent la personne et lui font plaisir. Le plaisir partagé est une motivation forte.

L’environnement social de la personne influe sur l’exécution de tâches de manière positive ou négative. Un aidant peut, par son approche de la personne, la stimuler ou la freiner. Il y a une interaction forte entre la personne aidée et l’aidant.

Dialoguez avec votre proche, pour que chacun trouve sa place dans la relation aidant/aidé. Ce dialogue est indispensable car des tensions et des incompréhensions peuvent apparaître de part et d’autre. Il faut donc faire un effort pour s’entendre et se comprendre. N’hésitez pas à parler avec lui (ou elle), dites-lui ce que vous comprenez, ce que vous ressentez, ce qui vous préoccupe…Il importe aussi que soient pris en compte ce que vous êtes en mesure de faire et vos propres limites
Même si vous avez l’impression qu’il (ou elle) ne peut pas vous comprendre, l’intonation de la voix, l’expression du regard peuvent faire passer vos émotions comme vos intentions. En expliquant, écoutant et en demandant l’avis de la personne aidée, vous respectez son autonomie et l’encouragez dans ses capacités. Lorsque la communication est difficile, et que vous n’êtes pas sûr(e) d’avoir bien compris ce qu’elle a dit, répétez ce que vous avez entendu avec vos propres mots et demandez à votre proche si c’est bien cela qu’il a voulu dire.

Observez la façon de faire de la personne que vous aidez :

La personne ayant besoin d’aide est contrainte de s’adapter à une réduction de ses capacités. Il est important de respecter les stratégies que la personne met en place spontanément pour réaliser ses activités de vie quotidienne. (Par exemple, en essayant et en se trompant, ou en verbalisant les étapes à suivre, en notant, en demandant directement de l’aide…). En mettant en place ses propres stratégies, la personne reste proactive et peut garder un contrôle de base sur les activités de vie quotidienne, même si ce n’est pas pour agir plus efficacement. Si l’environnement social prend en mains les activités, la personne manifestera des réactions de passivité et de démotivation. En respectant les choix de la personne, on fait en sorte qu’elle se sente entendue et soutenue.
Déterminez pour chaque activité, le niveau de compétence de la personne, ce qu’elle est capable de faire et encouragez-la à faire tout ce qu’elle peut encore faire, même partiellement, en valorisant son action pour qu’elle ait envie de recommencer. Apportez juste l’aide nécessaire pour que l’activité arrive à son terme. Il est essentiel de ne pas infantiliser la personne en sous-estimant ses capacités et ne pas la mettre en échec en les surestimant, en étant conscient de ses possibilités. Certaines pathologies, vous obligeront à ajuster au jour le jour, le niveau d’aide aux capacités de la personne aidée.

Tenez compte de vos propres capacités, de vos émotions, de vos propres besoins et de vos désirs personnels. Apporter un soutien à son proche peut être épuisant physiquement et moralement. Veillez donc également sur vous-même en reconnaissant vos propres limites et ne vous isolez pas.

Aider c’est un accompagnement qui respecte la dignité de la personne, ses choix et sa volonté. C’est faire avec la personne et non à la place, dans un moment d’échange.

Idée reçue réalisée par les ergothérapeutes de