Julius_021-def1-cmjn © Gerhard Linnekogel - Eyesee

 

Les idées reçues concernant la morphine existent depuis longtemps, tant parmi les professionnels de santé que parmi le grand public. Néanmoins, ces idées reçues reculent depuis qu’une femme médecin Cicely Saunders, a montré dans les années 1950-60 que la morphine était un produit très utile pour soulager la douleur de certaines personnes en soins palliatifs et en fin de vie.

Elles sont malgré tout encore ancrées dans les représentations collectives. L’entourage, les proches ou même les patients peuvent parfois redouter, voire refuser l’utilisation de la morphine. Certains professionnels peuvent être aussi réticents.

 

La morphine a été longtemps considérée comme un produit risquant de transformer le patient en fin de vie en un toxicomane.

C’est faux. Correctement utilisée, il n’existe pas de dépendance toxicomaniaque à la morphine. Si le médecin augmente les doses, c’est parce que la douleur du patient a augmenté. Tout comme la morphine ne « drogue » pas, elle ne fait ni dormir, ni délirer lorsque elle est prescrite progressivement et en fonction des besoins de la personne malade. Même dans de bonnes conditions de prescription, une somnolence peut rarement survenir, mais elle reste transitoire et bien supportée. Tout comme en début de traitement, la personne peut parfois récupérer un retard de sommeil en lien avec la douleur.

 

La morphine a été aussi considérée comme un produit utilisé en toute dernière extrémité et provoquant la mort du patient.

C’est faux. La prescription de morphine est indépendante de la nature de la maladie ou du temps qui reste à vivre. Elle peut ainsi être donnée après une chirurgie ou lors d’un infarctus du myocarde. Correctement utilisée, la morphine n’entraine pas le décès du patient. Seule une utilisation inadaptée ou détournée de la morphine peut être dangereuse pour la vie.

 

La morphine est un médicament indispensable pour calmer certaines douleurs. Elle doit être utilisée dans les règles de l’art comme tout médicament. Elle ne constitue pas le dernier moyen, mais le moyen le plus puissant pour traiter une douleur.

En bref la morphine ne drogue pas. Elle n’est pas utile qu’en toute fin de vie. Avant la mort, elle ne fait pas mourir. La morphine est un outil précieux pour dispenser des soins de qualité en fonction des besoins du patient. Sa prescription, sa délivrance et son utilisation se font de façon coordonnée entre médecins, pharmaciens et patients.

 

Idée reçue rédigée par le CNDR Soin Palliatif

www.soin-palliatif.org

Sur Twitter : @CNDRSP et @cndrsp_VigiPallia

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