C’est le débat du moment : pour ou contre l’assistance sexuelle aux personnes en situation de handicap ?
Les personnes en situation de handicap sont bien souvent considérées à tort, comme asexuées, leur handicap étant censé les priver de sensualité et de sexualité. L’APF (Association des Paralysés de France) et l’association CH(s)OSE veulent faire évoluer les mentalités et prennent clairement parti en faisant signer sur le blog www.faire-face.fr un appel « OUI à l’assistance sexuelle ! ».
Mais l’assistance sexuelle qu’est-ce que c’est ? Le magazine Faire Face définit son rôle ainsi : « Prodiguer, dans le respect, une attention sensuelle, érotique et/ou sexuelle à une personne en situation de handicap ou permettre, à leur demande, l’acte sexuel à deux personnes qui ne peuvent pas l’accomplir sans aide. » Cette pratique est déjà autorisée dans d’autres pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Suisse et les assistants sexuels sont bien sur des professionnels formés, encadrés et supervisés.
Pourquoi la France refuse-t-elle de légaliser l’assistance sexuelle ? Celle-ci est assimilée à de la prostitution : la loi qui punit l’assistance sexuelle appartient aux textes du code pénal réprimant le proxénétisme. C’est cette loi que les associations entendent modérer, mais les politiques comme Roselyne Bachelot (Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale) ne sont pas de cet avis : « Je suis rigoureusement, formellement, totalement opposée à un truc pareil » avait-elle dit. Pourtant la mobilisation des associations est de plus en plus conséquente, des personnalités prennent également parti, afin de faire pression sur les politiques.
Qui sont exactement ces assistants sexuels ? Quelles sont les limites de leur rôle ? En Suisse, pour devenir assistant sexuel il faut avoir suivi 300 heures de formation théorique et pratique, ceux qui exercent cet accompagnement ont une profession en dehors et sont bien souvent mariés avec enfants. Ce sont essentiellement des femmes car la demande est bien souvent masculine. Une relation s’installe entre l’assistant et la personne handicapé, à eux d’exprimer leurs souhaits et leurs limites respectives. Ainsi la plupart des accompagnateurs sexuels ne vont pas jusqu’à la pénétration, leur rôle se contente bien souvent d’effleurements, de caresses pouvant aller jusqu’à la masturbation, d’étreintes, de massages, voire même des ateliers de séduction. Ainsi, difficile de trouver des ressemblances avec la prostitution si ce n’est que la prestation est payante.
Quel en est d’ailleurs le coût ? En Suisse, cette pratique coûte 120€ pour environ une heure et demi.
En France, il reste à faire évoluer les mentalités et la législation, car selon Marcel Nuss, membre actif du Collectif Handicaps et Sexualités, près de 80 candidats français sont sur liste d’attente depuis 2009 pour suivre une formation et devenir assistant sexuel.
Source pour le dossier et l’image : magazine Faire Face N°700








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