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Comprendre pour mieux accepter : faire face au regard des autres

Publié le 28/02/2011

Atelier thématique parrainé par le Pr Michela Marzano, docteur en philosophie et professeure à l’université Paris-Descartes, et le Dr Grégoire Moutel, médecin hospitalo-universitaire.

Parmi toutes les difficultés auxquelles doivent faire face les personnes en situation de handicap figure celle liée au regard des autres. Comprendre ce regard pour tenter de l’accepter est une  première étape pour la surmonter. Pour la philosophe Michela Marzano, l’autre, précisément parce qu’il est « autre », a tendance à déstabiliser.

Dans une société qui valorise la capacité de chacun à se contrôler et contrôler les autres, ces différences, synonymes d’inconnu, donc de non-maîtrise, engendrent la peur. Une peur qui renvoie à la part de l’inconnu qui est en nous et à la peur d’être un autre que soi-même. Selon la comédienne Emmanuelle Laborit, les difficultés que rencontrent les sourds face au regard des autres viennent en partie de la volonté généralisée d’intégration en milieu normal à l’aide de l’oralisme via des implants. Or, ce choix qui écarte la langue des signes, et donc la culture sourde, empêche finalement la construction de la relation dans la famille, rendant plus difficile l’acceptation de la surdité par les parents. Malgré la reconnaissance de la langue des signes dans la loi de 2005, Emmanuelle Laborit a rappelé qu’il n’existait en France que trois écoles bilingues et combien il était  difficile de disposer d’interprètes à  l’université ou dans une administration. Dans ces conditions, comment les sourds peuvent-ils accepter le regard de l’autre qui leur est imposé? Pour Grégoire Moutel, qui anime des consultations visant à accompagner les aidants dans la souffrance, notre regard sur la dépendance et le handicap se construit sur la peur de ce que l’on peut perdre, de ce que l’on  peut devenir, et des dégradations qui peuvent survenir.

Par instinct, nous  réagissons davantage par la fuite que par l’affrontement. C’est ce qui cause les phénomènes d’exclusion. Au cours de la canicule de 2003, les personnes âgées ne sont pas décédées en raison de la chaleur, mais bel et bien à cause de leur isolement et de l’indifférence sociale. Face à ce constat, Grégoire Moutel appelle à ne pas tout attendre des institutions mais à un changement de comportement individuel pour que chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Extrait de la synthèse des échanges des ateliers thématiques réalisés au cours des 1ers Etats généraux Aidants & Aidés.

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