Atelier thématique parrainé par le Pr Jacques Gaucher, psychologue clinicien, animé par Guillaume Paul, journaliste et en présence de Muriel Gaillard, éthologue, de Guy Armantier, aidant, d’Éric Sanchez, directeur de l’Action Sociale Prémalliance, de Laurence Godefroy, technicienne d’insertion pour l’Association Française contre les Myopathies, et de Benoît Raviart, directeur de l’Action Sociale, AG2R LA MONDIALE.
Ne pas bien faire, ne pas faire assez, en faire trop… De très nombreux aidants comme en témoigne Guy Aarmentier, qui a accompagné sa mère durant les dernières années de sa vie, éprouvent de la culpabilité. Pour le psychologue clinicien Jacques Gaucher, cette culpabilité est le sentiment d’avoir commis des fautes (par exemple, dans la décision qui a été prise pour un parent âgé) mais aussi celui de la honte d’agir contre ses propres valeurs et celles de la culture qui nous environne. Cette situation est rendue d’autant plus difficile que l’aidant est l’objet de conseils et de critiques souvent contradictoires de la part de ses proches ou des professionnels, d’où la tentation de s’isoler et de s’autocensurer.
Autant de sentiments et de postures qui sont source de souffrances, voire de dépression. Pour Muriel Gaillard, la culpabilité, qui est un processus profondément humain, ressenti tout au long de la construction identitaire de chacun, se trouve démultipliée dans les situations de handicap, de maladie ou de fin de vie. Au lieu de chercher à faire de son mieux et d’accepter la situation présente, l’aidant se dévalorise parce qu’il ne peut atteindre l’objectif de perfection qu’il s’est fixé et parce qu’il se réfère à une réalité du passé qui a disparu (un parent qui vous reconnaissait, par exemple). Face à ce sentiment de culpabilité, associations et institutions mettent en place des moyens pour accompagner les aidants. Prémalliance a ainsi créé en 2007 un service téléphonique pour les aidants familiaux de proches atteints de la maladie d’Alzheimer. Fonctionnant avec des bénévoles formés à l’écoute et à la connaissance de la maladie, ce service permet aux aidants qui l’appellent initialement pour une information ou un conseil de se confier à une oreille qui ne les juge pas et de soulager ainsi leur souffrance liée à la culpabilité. À l’association Française contre les Myopathies, des techniciens d’insertion qui accompagnent les aidants familiaux d’enfants atteints de maladies génétiques les aident moins à déculpabiliser qu’à prendre conscience des effets de la culpabilité sur leur quotidien. L’association a d’autre part ouvert un village de vacances «Répit Familles», qui, en accueillant les familles dans des locations attenantes à un établissement médico-social, permet d’offrir un répit aux aidants sans qu’ils éprouvent le sentiment de culpabilité lié à la séparation avec leur enfant.
Extrait de la synthèse des échanges des ateliers thématiques réalisés au cours des 1ers Etats généraux Aidants & Aidés.







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