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Qui cache t’on derrière le mot aidant ?
 Qui vit réellement derrière ce terme d’aidant ?
 « L’aidant » est il un concept universel ?

 

Certainement pas. Parler de l’aidant c’est parler des aidants. Il existe autant de réalités d’aidants qu’il existe d’aidants.

De plus, le terme masculin d’aidant ne reflète pas la grande majorité des aidantes.

Ce terme « d’aidant » semble imposer de fait que l’aidant est nécessairement et continuellement en capacité d’apporter de l’aide. Il n’en est rien. Quel être humain pourrait se prévaloir d’une telle « solidité » ?

Tout comme un diamant, l’humain a différentes facettes. Etre aidant est une de ces facettes. L’importance de la place de l’aidant et de son rôle au quotidien auprès de l’aidé peut amplifier cette facette au détriment des autres.

Réaliser que l’aidant est aussi, et avant tout, une personne à part entière, qui est un être de liens et de relations, c’est le considérer dans son « intégralité ».

L’aidant est un époux, une épouse ; une belle-fille, un gendre ; une fille, un fils ; une sœur, un frère ; une tante, un oncle ; une nièce, un neveu ; une petite-fille, un petit-fils ; un cousin, une cousine ; une amie, un ami…

L’aidant est porteur de cette place affective et potentiellement riche de cette affectivité partagée avec l’aidé. Cette facette émotionnelle pouvant parfois être douloureuse à gérer, à vivre, à accepter, elle peut devenir difficile à assumer.

Réduire et atténuer cette facette éminemment sensible du « être » revient à adopter une stratégie (inconsciente) pour se protéger, mais augmente de fait une autre facette, celle du « faire », du rationnel, du mental, du devoir, du contrôle, de l’efficacité.

De fait, l’aidant est un équilibriste qui oscille en permanence entre l’émotionnel et le rationnel.

Confiant et angoissé,

Patient et irascible,

Soumis et dirigiste,

Attentif et autocentré,

Conciliant et rigide,

Heureux et triste,

Présent et absent,

Aimant, et aimant encore

Vivre au contact l’aidé, le soutenir, l’accompagner, l’encourager place l’aidant et l’aidé dans une relation authentique. L’aidé dévoilant une grande partie de sa vulnérabilité, l’ampleur de sa fragilité, incite l’aidant à « baisser les masques » et invite à un échange « vrai ».

Par la lueur du reflet de ce miroir, l’aidant a l’opportunité d’accéder à la partie la plus profonde de son être ; à cette partie cachée qui se situe à la croisée des lignes des différentes facettes du diamant, et à la réunion de ce point central.

L’aidant, plus que quiconque, peut approcher au plus près de son identité, découvrir sa complexité, sa cohérence et son incohérence, sa force et ses failles, le meilleur et le pire qu’il porte en lui, et décider jour après jour à quelle partie de lui il donne le pouvoir d’agir.

Par cette exigence que la vie lui offre au quotidien, l’aidant est un puissant vecteur d’humanité au cœur de notre société, bien que souvent invisible, bien que souvent silencieux.

Alors, il appartient à chacun d’entre nous d’aller à la rencontre de ces millions d’aidants qui nous entourent familialement, amicalement, socialement, ne serait ce que de temps à autre, par la pensée, par le cœur, par une action et par gratitude.

 

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 Muriel Gaillard

Consultante – Formatrice

Diplômée en Ethologie

Publié le 12/05/2016

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