La communication est au centre des relations humaines. Dans nos vies, tout est communication : le verbal, le non verbal, les projections (comportements générés par les émotions ressenties), les résonances (impact des émotions extériorisées sur l’autre), les représentations (notre façon de comprendre et d’appréhender notre environnement et notre réalité), les interprétations (notre vision du monde de l’autre) ; tous ces échanges conscients et inconscients dont l’homme a besoin pour vivre et se développer au sein d’une société qu’il crée et à laquelle il appartient.
Si communiquer est naturel et aisé, parvenir à exprimer clairement et sincèrement le sens de notre pensée ou comprendre le sens des messages que nous percevons est extraordinairement complexe et aléatoire.
La famille est le premier cercle, groupe humain dans lequel nous éprouvons le monde et notre rapport aux autres. Les relations familiales que nous partageons avec nos proches tissent au fil du temps les fresques de nos romans familiaux. La vie familiale qui s’exprime au travers de ces relations est aussi passionnante que déroutante, émouvante que stimulante, éprouvante que rassurante.
« La famille ! Impossible de vivre avec, et impossible de naître sans. » Allan Garganus
Curieusement, nous avons plus de facilité à masquer nos sentiments liés à l’affection parfois immense et inconditionnelle que nous portons à une personne qui nous est chère qu’à les partager. Toutes ces émotions retenues peuvent à terme peser lourdement sur la qualité de nos relations, à fortiori au sein de notre famille. Si le silence peut protéger la parole et être un espace intime où se témoigne l’affection, l’attachement, et l’amour inconditionnel, le silence peut également être l’expression de l’indifférence ou de l’incapacité à se comprendre, à se retrouver et vivre en paix dans un respect mutuel. Ce silence assourdissant peut créer des blessures profondes qui n’auront de cesse de s’intensifier et pire encore, qui pourront se transmettre.
Les « autres » qui gravitent autour de cette sphère privée et qui sont invités à y partager ponctuellement des moments de vie sont les régulateurs qui peuvent tierciser et apporter un vent de liberté à ces relations ponctuellement en crise lors de phases dites d’évolution de la famille, ou suite à des événements inattendus et perturbateurs. La vie sociale peut à la fois pacifier des phases critiques et sensibles dans l’histoire des relations familiales et apporter un regard extérieur éclairant, source de compréhension, par la même d’acceptation. Ainsi, il est impératif de veiller à préserver, favoriser et développer la vie sociale des aidants, ainsi que celle des aidés. Par ailleurs, reconnaître les aidants et les aidés comme des citoyens à part entière est un des enjeux d’une société qui se veut humaine et bientraitante.
Les valeurs familiales qui traversent le temps sont le socle sur lequel les familles bâtissent des forteresses pérennes au sein desquelles nous apportons le temps de notre passage notre contribution. Veillons également à épurer nos sagas familiales de scories néfastes et paralysantes en sculptant une empreinte affective de qualité sur laquelle ceux qui nous succéderont pourront prendre leur envol et vivre pleinement leur vie.
« On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes. » Proverbe juif
Muriel Gaillard
Consultante – Formatrice
Diplômée en Ethologie









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