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Il est touchant d’observer un enfant venir en aide à « un autre » de façon naturelle, instinctive et spontanée. Il est rassurant et attendrissant de voir un enfant, un adolescent et plus rarement un adulte faire la courte échelle pour permettre à l’autre d’accéder à la hauteur à laquelle il souhaite être.

Nous sommes tous porteurs d’une capacité à aider les autres, et avons également une ouverture à l’autre qui nous autorise à accepter l’aide accordée.

Les contraintes de la vie d’adulte, les épreuves, la souffrance sont autant de freins à ce potentiel aidant qui nous caractérise en tant qu’humain. Ainsi, considérer ou désigner une personne comme « aidante » ne signifie pas que cette personne soit nécessairement en capacité d’apporter l’aide à l’aidé tel nous l’envisageons, c’est-à-dire de façon continue, régulière et « satisfaisante ».

L’aide de l’aidant s’inscrit dans une nécessité et une obligation relativement correctement investie au début de la relation d’aide, mais qui peut légitimement se fragiliser et s’amoindrir par l’usure du temps.

Néanmoins la longévité de la relation d’aide rend visible la solidité de cette relation ainsi que tous les progrès de compréhension, d’adaptation mutuelle entre l’aidant et l’aidé.

Les capacités aidantes s’appuient sur un équilibre personnel et interpersonnel, une disponibilité physique et psychique, qui elles-mêmes favorisent la qualité d’écoute, l’ouverture à l’autre et l’empathie.

L’expérience de l’aidant lui permet de faire émerger un potentiel qu’il n’aurait pas nécessairement révélé sans cette confrontation à la dépendance de l’aidé.

Harmoniser ces deux aspects contradictoires, à savoir l’épuisement de l’aidant qui impacte négativement sur sa capacité à aider, et le développement de ces mêmes capacités aidantes grâce à une meilleure appréhension des besoins de l’aidé,  l’acquisition de réflexes, et une vigilance ciblée, est la clé de voûte pour consolider les capacités aidantes ainsi que la relation d’aide.

Développer ses capacités aidantes ne consiste pas nécessairement à déployer une aide plus importante en temps et en actions qui deviendraient de plus en plus visibles. Développer ses capacités aidantes consiste également à préserver et affiner son aide afin que l’aidant puisse trouver suffisamment d’énergie pour continuer à être présent en agissant avec le plus de justesse et de délicatesse possible.

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Publié le 10/02/2017
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Muriel Gaillard

Consultante – Formatrice

Diplômée en Ethologie