Afin d’offrir un choix plus large d’hébergement aux personnes fragilisées (en situation de handicap et/ou âgées) outre le logement traditionnel et l’institution, certaines actions innovantes sont mises en place localement.

Le béguinage

Le béguinage est né en Flandre au XIIIème siècle, forme d’habitat partagé, un village au cœur de la ville qui abritait des communautés religieuses.

Ce type d’hébergement se développe à nouveau notamment dans le nord de la France afin de  proposer aux personnes âgées un mode de vie collectif.

Les locataires ou propriétaires vivent dans des appartements ou maisons individuelles regroupés en un ensemble de bâtiments reliés entre eux par des couloirs (intérieurs ou extérieurs) avec des espaces commun (type salle de convivialité). Une hôtesse présente en permanence a pour rôle de veiller sur les résidents et de proposer des animations au sein du béguinage, en lien avec l’extérieur et inter-génération.

L’objectif étant bien la création de lien social et de lutte contre l’isolement.

Ce type d’hébergement est bien adapté aux personnes âgées relativement autonomes mais souffrant d’isolement.

Exemple : Logement pour les seniors : le béguinage pour mieux vieillir ensemble – 59

L’accueil familial

A mi-chemin entre le domicile et l’hébergement en l’établissement, l’accueil familial permet aux personnes âgées et/ou en situation de handicap de pouvoir vivre dans un environnement familial et chaleureux, tout en conservant leur intimité et en bénéficiant d’une présence 24h sur 24 toute l’année.

La famille d’accueil dispose d’un agrément du Conseil Général et accueille à son domicile une ou plusieurs personnes en perte d’autonomie de façon permanente, temporaire, le jour ou la nuit.

            « Habiter chez un senior »

Ce principe d’habitat intergénérationnel se développe de plus en plus dans les grandes villes en pénurie de logements pour les étudiants.

En effet, les personnes âgées ayant une chambre de disponible dans leur logement proposent de la mettre à la disposition (gratuitement ou à un coût modéré) d’un jeune en échange de menus services et d’une présence la nuit plusieurs fois par semaine.

Ce principe permet de créer du lien social et intergénérationnel tout en augmentant la sécurité de la personne âgée, en favorisant son maintien à domicile.

Exemple :http://www.jeunes.paris.fr/habiter-chez-un-senior

            La colocation entre séniors

Le principe consiste à se partager un appartement, une maison entre plusieurs séniors. Chacun dispose d’un espace privatif (chambre) et partage, avec autres locataires, les espaces communs.

Il s’agit là d’un habitat partagé entre une même génération pouvant permettre aux personnes les plus autonomes d’aider celles ayant quelques difficultés.

L’exemple de l’association « la maison des babayagas » :

Il s’agit d’un groupement de logements destinés aux retraitées modestes ayant des valeurs communes. Les conditions d’entrée dans ce lieu de vie sont claires : partager une idéologie féministe et avoir milité au sein d’une association ou d’un collectif.

Les piliers de la maison sont :

–          L’autogestion

–          La solidarité

–          La citoyenneté

–          L’écologie

L’objectif de l’association est de « Faire le pari politique et citoyen que les personnes peuvent elles-mêmes, solidairement prendre en charge leur vie dans un espace totalement ouvert sur la ville et la société. »

Pour en savoir plus sur la maison des babayagas :

http://www.lamaisondesbabayagas.fr/index.htm

           L’habitat intergénérationnel

Certains organismes d’habitats sociaux ont fait le choix de créer des ensembles de logements  spécialement adaptés aux personnes âgées et ou handicapées avec des logements accueillant des familles. Cela favorise une mixité sociale mais également des échanges intergénérationnels. Ces « villages » proposent des services aux habitants afin d’améliorer leur quotidien : transport adapté, structures d’accueil de la petite enfance et de personnes âgées, associations de quartier…

Il peut y avoir au sein de ces ensembles locatifs un animateur social afin de proposer des animations, soirées à thème entre les générations.

Exemple : Le Kanata : un « village » où il fait bon vieillir – 35

 

            La maison « CARPE DIEM »

Nos voisins québécois ont créé un lieu unique d’accueil pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Le concept est simple : « vivre comme à la maison ».

L’approche carpe diem vise à :

  • Favoriser la création de relations de confiance entre la personne atteinte et les personnes qui l’accompagnent;
  • Viser le maintien de l’autonomie et de l’estime de soi en favorisant un cadre souple permettant à la personne de décider de son horaire et de ses activités et en lui offrant de multiples occasions de se sentir utile en participant aux tâches domestiques selon ses goûts et intérêts;
  • Respecter les liens de la personne avec son entourage et favoriser l’implication de la famille dans le quotidien de son parent, sans contrainte d’horaire;
  • Créer une réponse unique en fonction de la situation, en offrant des services adaptés à chaque personne et à chaque famille tout au long de sa maladie.

(Sources : CarpeDiem, centre de ressources sur la maladie d’alzheimer)

Pour en savoir plus : http://alzheimercarpediem.com/

            L’institut du MAI

Ecole de la Vie Autonome, il s’agit d’un centre de formation à l’autonomie, à l’insertion sociale pour adultes ayant un handicap moteur.

L’objectif de l’institut du MAI est de permettre aux personnes lourdement handicapées d’accéder à l’insertion sociale, via l’accès à un logement autonome.

L’intégration dans cet institut est ouverte aux personnes en situation de handicap de plus de 20 ans, très motivées, et orientées par la Maison Départementale des Personnes Handicapées.

 La formation à l’autonomie se passe en 3 étapes (sur 5 ans maximum) progressive passant d’un studio dans l’institut à un studio autonome dans la ville. Lors de cette formation sont travaillés :

 –          Les déplacements à l’extérieur en respectant les règles de sécurité. La personne au début apprend à se déplacer avec un ergothérapeute pour arriver à se déplacer seule de jour comme de nuit.

–          Le pilotage d’une 1/3 personne pour tous les actes de la vie quotidienne c’est-à-dire apprendre à dire à la 1/3 personne ce que l’on veut qu’elle fasse. Dans cette étape, se sont les aides soignantes de l’institut qui interviennent.

–          La gestion de la santé avec une infirmière. L’objectif est d’apprendre à gérer seul ses RDV médicaux, son traitement… Le dossier médical est chez la personne, classé dans ses dossiers administratifs.

–          La gestion des comptes avec une CESF (conseillère en économie sociale et familiale). Les personnes ne sont pas sous mesures de protection, si une mesure est en place, l’institut demande une main levée. Apprendre à gérer ses comptes, faire des achats, aller à la banque, maitriser ses dépenses…

–          Les déplacements et l’insertion sociale avec une formatrice « gestion du temps libre ». Le but est d’apprendre à prendre les transports en commun seul (bus, train…), se trouver des activités de loisirs au niveau du réseau associatif local (l’institut ne propose aucune activité).

Lien internet : http://www.le-mai.org/

              Les familles gouvernantes

Le principe : les personnes en situation de handicap (généralement troubles psychiques) se partagent un ou plusieurs logements et co-salarient une auxiliaire de vie ou « gouvernante » pour intervenir auprès d’eux au quotidien.

L’objectif est de permettre l’insertion sociale et le maintien dans un lieu de vie ordinaire les personnes souffrant de troubles psychiques.

Pour en savoir plus : http://www.famidac.fr/article124.html

            Les résidences accueil

Les résidences accueil sont des dispositifs alliant maison relais et services d’accompagnement. Il s’agit là d’un habitat communautaire alliant logements indépendants et lieux collectifs avec un hôte chargé du bon fonctionnement de la maison.

Les résidences accueil situés au cœur de la ville, accueillent des personnes souffrant de troubles psychiques suffisamment stabilisées pour vivre en logement autonome, mais dont une présence, leur apporte sécurité et convivialité, ainsi qu’un accompagnement social.

Vous venez de lire ci-dessus des exemples d’initiatives locales qui tendent à se développer un peu partout en France.

Elles ont toutes vocation à créer du lien social, éviter l’isolement des personnes fragilisées. Elles présentent également l’avantage de maintenir les personnes dans un environnement à échelle humaine, compromis entre le maintien à domicile et l’entrée en institution.

Sources :

http://www.apriles.net/index.php?option=com_sobi2&sobi2Task=search&Itemid=95

http://www.epsp06.fr/documents/habitat.pdf