A l’occasion de la Journée Nationale des Aidants, le 6 octobre prochain, le groupe Macif renouvelle son engagement auprès des aidants et son soutien aux Editions de l’Atelier pour la publication du dernier ouvrage de Blandine Bricka, Un métier (presque) ordinaire / Paroles d’aides à domicile.

 

Qui sont les aides à domicile ? Quelle est la réalité de leur travail ? Plusieurs aidants professionnels ont accepté de se livrer. Sept aides à domicile racontent ce qui les a amenées à choisir les métiers du soin et de la relation à l’autre. Sept récits singuliers pour appréhender un métier (presque) ordinaire. Loin
du discours dominant démonstratif et négatif, ce livre révèle l’épaisseur des relations humaines qui se nouent au quotidien.

Après la publication, en septembre 2016, du livre Des vies (presque) ordinaires de Blandine Bricka , consacré aux aidants familiaux, cet ouvrage, comme un second volet, donne la parole aux aides à domicile, un métier trop méconnu et pourtant vital pour des centaines de milliers de familles et pour l’ensemble de la société française. Sortir ces métiers (presque) ordinaires de l’ombre, c’est mettre en avant la personnalité peu ordinaire de ceux qui vivent pour les autres, toujours animés d’un amour profond du contact et de l’échange.

 

Extraits du livre Un métier (presque) ordinaire

Amina

Je me bats beaucoup pour qu’on n’oublie pas les aidants et pour qu’on les considère comme un soutien et non comme un frein dans nos soins. Nous, on est là une heure le matin, une heure le soir en moyenne. Mais le reste du temps, ce sont les aidants qui prennent en charge les malades.

Priscilla

Récemment, une patiente à qui je mettais du vernis m’a dit : “Pourquoi tu fais ce travail-là ? C’est trop dur. Va faire esthéticienne.” Et son mari lui a dit : “C’est une vocation, elle aime son travail.” Ce qu’on fait pour eux, ça leur semble difficile. Mais pour moi, ça ne l’est pas car on fait les choses avec amour, on aide les gens parce qu’on en a envie, parce que nous, ça nous fait du bien de les savoir bien, de voir qu’ils
continuent à vivre malgré tout ce qu’ils ont traversé. J’aimerais que, si un jour j’arrive à 80, 90 ans, il y ait des vraies personnes autour de moi, ne pas être complètement ignorée ou abandonnée et être aidée comme moi j’ai aidé.

Julien

Quand j’arrive, c’est avec le sourire et une petite phrase simple : “Je vous apporte le beau temps” ou “Je vous apporte la neige”. Blaguer, surtout avec les personnes qui au début acceptent mal notre présence. Elles ont été autonomes pendant quatre-vingts ans et tout à coup, une chute, un accident, et un inconnu de 20 ou 30 ans entre chez elles.

Caroline

Pour moi, la mort n’est pas un tabou. Notre métier est d’accompagner au mieux les personnes vers une dépendance et donc vers une fin, en respectant leur volonté. Certaines en ont peur ; d’autres n’attendent que ça car elles souffrent et sont épuisées. J’ai mes propres convictions sur la mort, mais j’en parle rarement avec les personnes dont je m’occupe. Parfois, elles me disent ce qu’elles veulent ou ce qu’elles ne veulent pas. Mais la plupart du temps, elles évitent le sujet. En revanche, quand quelqu’un nous dit qu’il est fatigué de vivre, on ne peut pas lui répondre : “Mais non, c’est juste un petit coup de mou, ça va aller.” On peut essayer de lui remonter le moral, mais il ne faut pas ignorer cette souffrance qu’il exprime du fait d’être inactif, de se sentir complètement inutile et dépendant”

Aude

Ça m’est déjà arrivé d’aller attraper physiquement le gamin d’une maman tétraplégique, qui courait en lui faisant des pieds de nez : “Tu ne m’auras pas, tu ne m’auras pas.” Mais uniquement parce qu’elle m’avait demandé d’aller le chercher et de le tenir fermement pendant qu’elle le grondait. Le jour où je gronde son enfant à sa place, je ne compense plus son handicap, je prends sa place de mère.

Christine

Maintenant que je travaille à la campagne, je me déplace beaucoup d’un village à l’autre. En général, ma référente de secteur essaie de regrouper les bénéficiaires, mais dès qu’il manque une collègue sur un secteur, c’est tout de suite 45 minutes de trajet dans chaque sens qui s’ajoutent à des journées déjà bien pleines.

Fania

La reconnaissance de l’aidante, qui rentre détendue après trois jours de retraite spirituelle, c’est très fort, mais la reconnaissance de l’aidé, surtout quand c’est une personne malade d’Alzheimer qui se souvient de vous, c’est comme monter au sommet de l’Everest !.

 

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